Laurent Courtois a-t-il été véritablement collaborateur de «Novorossia Today» à Donetsk?

Laurent Courtois a-t-il été collaborateur chez Novorossia Today à Donetsk?

Le profil de Laurent Courtois sur Agoravox annonce qu’il a été collaborateur de Novorossia Today à Donetsk. La revue des quatorze textes, sur une période de seize mois, publiés par ce site web montre que Laurent Courtois ne peut pas se targuer d’en avoir été un collaborateur. Il n’en a été qu’un contributeur occasionnel. Il apparaît, de plus, que Laurent Courtois ne peut pas prétendre avoir exercé cette contribution en étant basé à Donetsk. Dans ses quatorze papiers parus sur Novorossia Today, Courtois n’en a écrit que deux sur le Donbass. Il n’y a jamais rapporté aucune information terrain n’ayant repris que, tardivement, des éléments diffusés par d’autres médias, en les ré-interprétant le cas échéant.

1. Qu’est-ce qu’un collaborateur de presse ?

En France, ce statut n’existe pas. En revanche, il a été créé, en 2012 par l’Association des Journalistes Professionnels (AJP) de Belgique. Les conditions en sont les suivantes :

  • Exercer l’activité de journaliste à titre complémentaire;
  • fournir la preuve de sa collaboration, soit par la signature des articles, des sujets ou reportages, soit par l’attestation du rédacteur en chef;
  • être rémunéré pour ce travail d’information et le prouver de manière objective;
  • présenter 10 articles, sujets ou reportages parus ou diffusés au cours des douze derniers mois;
  • n’exercer aucun commerce ni aucune activité en relation avec la publicité ou les relations publiques;
  • avoir une activité journalistique en Belgique ou travailler pour un média établi en Belgique depuis au moins trois mois;
  • le média doit paraître régulièrement et employer au moins un journaliste professionnel agréé;
  • les candidat(e)s à l’admission au titre de collaborateur/ trice de presse s’engageront par écrit à respecter les codes déontologiques en vigueur et à accepter l’autorité du Conseil de déontologie journalistique.

 

Notre revue des articles publiés sur Novorossia Today montrera qu’il n’y a pas d’éléments tangibles justifiant, pour Laurent Courtois, le statut de « collaborateur » chez Novorossia Today.

2. L’information que Laurent Courtois donne de lui même est confuse

Les dires de Laurent Courtois évoluent en fonction des interlocuteurs, des circonstances ou des adversaires du moment.

2.1. Les profils de Courtois Laurent se contredisent entre réseaux sociaux

Laurent Courtois Agoravox
Quelques exemples relevés au cours de ces trois dernières années :
  • « Vit à Aubenas, né le 10 janvier 1974, aucun voyage renseigné », profil « Les Copains d’Avant »
  • « chef troll, à Troll Russia, Aubenas» profil Facebook de Laurent Courtois, août 2015
  • « Etudes, Université Bordeaux I jusqu’en 2014, réside à Bordeaux, anniversaire le 10 janvier, 46 amis» profil VK (« Facebook » russe), février 2016 et octobre 2018
  • « Habite à St Pétersbourg » profil Facebook, de janvier et d’octobre 2018
  • « Usine des Trolls St Petersburg », profil Twitter, de février et d’octobre 2018

2.2. Les propos de Laurent Courtois se démentent les uns, les autres

2.2.1. Présentation du blog de Laurent Courtois, « Chronique de l'(Ukr)haine ordinaire »:
«Ce blog est utopiste, car il se base sur une vision utopique du journalisme, une vision objective, qui serait identique à celle du scientifique, de l’historien ou du chercheur.»

2.2.2. Profil Agoravox de Laurent Courtois:
«Ex-collaborateur de Novorossia Today à Donetsk. J’essaie de vous proposer une vision alternative et objective à la propagande de l’Ouest et de l’Est. N’ayant pas besoin de tremper ma plume dans le sang des victimes pour écrire mes textes (NDR : en clair, ne se trouvant pas dans le Donbass), je milite pour l’application des accords de Minsk 2, le retour de la paix en Ukraine et l’éviction de la junte bandériste de Kiev.

2.2.3. Commentaire de Laurent Courtois sous un article Novorossia Today, septembre 2015:
« ...je ne suis pas un journaliste au sens propre, je me plais à dire que je suis un Troll russe avec « T » majuscule. »

2.2.4. Commentaire de Laurent Courtois, sur la page FB de « Sergueï Munier », alias « Sergio Mnr », au sujet de la réunion « Azov »-« White Rebels Crews » de Nantes 14/01/216:
«Qu’est ce que c’est que cette connerie, je m’en branle qu’il soit nazi ou pas, qu’ils soient nationalistes, identitaires ou ce que vous voulez. Ils sont Jaune et bleus, pas de pitié.»

2.2.5. Article Agoravox de Laurent Courtois, 24 novembre 2017:
« La censure dans la presse de Donetsk existe, pour y avoir écrit, je suis bien placé pour le dire.» Il s’agit de Novorossia Today.

2.2.6. Commentaire Agoravox de Laurent Courtois, 25 novembre 2017:
«Moi je ne chie pas sur Brayard. Je ne fais que rendre compte de ses méfaits, c’est juste journalistique, descriptif.»

2.2.7. Commentaire Agoravox de Laurent Courtois, 15 mars 2018:
«Pour ma part, je ne me considère pas comme un troll.

2.2.8. Article Agoravox de Laurent Courtois, 6 avril 2018:
«Malgré l’argument d’autorité : »je suis sur place donc la (NDR Christelle Néant, DONI Press) mieux placée »; pour tenter d’analyser, de comprendre la situation, il faut savoir prendre de la hauteur et s’affranchir de la propagande propre à tout État en guerre.
Être sur place fait de vous une victime de la propagande acteur du drame, sacrifiant chaque jour votre objectivité à la causse de la sécession.»

2.2.9. Commentaire Agoravox de Laurent Courtois, 6 avril 2018:
« Produire de l’information c’est rapporter des faits inédits et VERIDIQUES . »

2.2.10. Commentaire Agoravox de Laurent Courtois, 6 avril 2018:
«Personnellement, je suis Pro-russe, membre aussi de la Pravda poutinienne et cela ne m’empêche pas de dire la vérité et d’être objectif.

2.2.11. Commentaire Agoravox de Laurent Courtois, 7 avril 2018:
«…au Donbass, j’ai collaboré avec de vrais staliniens..»

3. Deux textes, seulement, parmi les quatorze publiés par Laurent Courtois, sur Novorossia Today, concernent le Donbass

Laurent Courtois a publié des articles sur Novorossia Today du 11 septembre 2015 au 15 janvier 2017. Il a commencé à publier sur Agoravox à partir du 9 janvier 2017 jusqu’à aujourd’hui (octobre 2018). Il a publié, sur Agoravox, six articles sur les quatorze qu’il avait déjà fait paraître sur Novorossia Today.

publications-novorossia-laurent-courtois

A fin octobre 2018, Laurent Courtois a fait paraître 27 articles sur Agoravox. On note, par ailleurs, que Christelle Néant (DONI Press) a commencé à publier sur Agoravox le 3 octobre 2016, soit trois mois avant Laurent Courtois. A fin octobre 2018, elle y a publié 411 articles. On peut se demander si ce n’est pas Christelle Néant qui a, indirectement, conduit Laurent Courtois, à venir s’exprimer sur Agoravox.

4. Les deux textes de Novorossia Today, concernant le Donbass ne prouvent pas, voire démentent, la présence de Laurent Courtois à Donetsk

4.1. Les signaux d’alerte ne manquaient pas

On ne voit pas le « collaborateur » d’un média publier ses articles dans un autre média. Laurent Courtois l’a fait six fois entre Novorossia Today et Agoravox. Cette possibilité de « multi-diffusion » est ouverte, généralement, aux contributeurs bénévoles sous réserve qu’elle soit faite avec l’accord du premier média ayant assuré la publication.

Il n’existe, sur le web et sur les réseaux sociaux, aucune photo montrant Laurent Courtois dans le Donbass. Alors que de telles images ne manquent pas pour les autres français de Donetsk passés ou présents : Svetlana Kissileva, Laurent Brayard, Guillaume Cuvelier, Erwan Castel, Christelle Néant… Il en est de même pour les touristes : Xavier Moreau, Emmanuel Leroy, les « Brigandes »…

les Français dans le Donbass sans Laurent Courtois
Quelques Français dans le Donbass séparatiste

Vidéo de Sébastien Hairon tournée à Donetsk sur les volontaires français du Donbass

Compte-tenu de ses activités et de l’anonymat qu’il veut conserver, on comprend que Laurent Courtois ne souhaite pas figurer sur des photos du Donbass. Mais il n’existe aucune autre photo, non plus, dans ses articles ou sur les réseaux sociaux, qui ait été prise dans le Donbass par Laurent Courtois. Pourtant dans un article du 27 août 2015 s’en prenant à un reportage photographique sur le Maidan il écrit à son auteur: « …je pense être bien meilleur photographe de (sic) vous et je vous défit (sic) de faire des clichés même meilleur (sic) que ceux que je faisais à mon adolescence, voir mon enfance… »

S’étant dit à Donetsk, et collaborateur d’un des principaux médias francophone séparatiste, Laurent Courtois n’a produit aucun reportage sur les combattants. Il n’a pas non plus publié de reportages sur la vie des civils ou sur l’activité humanitaire à l’arrière du front. Pourtant, il a réussi à faire croire aux lecteurs pro-russes et pro-Kiev qu’il avait été présent dans le Donbass. Les critiques, souvent virulentes qu’il a émises sur ceux qui ont rédigés des reportages sur les différent sujet évoqués précédemment ont plutôt été bien accueillies par ses lecteurs sans que la légitimité de leur auteur ne soit significativement remise en question.

On ne peut lire, chez Laurent Courtois, aucune nouvelle, issue de Donetsk, qui n’ait pas été publiée auparavant, par d’autres, sur un support en ligne. Cela est valable pour les photos comme pour les témoignages. Ce constat va de pair avec un décalage systématique de Laurent Courtois par rapport à l’événement rapporté. Il n’en a donc pas la connaissance première, que lui apporterait une présence terrain.

Miliciennes de la DNR ayant troqué leurs habits militaires pour un concours de beauté, 8 mars 2015, fête de la femme 

4.2. Cas pratique I : tir sur un véhicule de L’OSCE

Le 19 janvier 2016, Laurent Courtois publie sur Novorossia Today: «L’OSCE cible de provocateur(sic) ukrainien(sic). Un journaliste présent sur place n’aurait pas attendu trois jours avant de rapporter le tir subi, le 16 janvier, par un véhicule des observateurs de l’OSCE. A tout le moins aurait-il rendu compte d’informations disponibles localement. Laurent Courtois dit s’appuyer, seulement, sur un rapport de l’OSCE du 17 janvier 2016, accessible en ligne depuis la France. Le rapport ne parle pas de provocation. Ce point est une spéculation de Laurent Courtois qui décide même de l’arme qui a tiré, alors que le document stipule qu’aucun projectile n’a été trouvé dans le véhicule.
Notons que la vitre arrière a été touchée alors qu’elle était orientée Est-Nord-Est, c’est à dire en direction des lignes séparatistes. Il aurait fallu que le tireur, s’il était Ukrainien, se positionne entre ces mêmes lignes séparatistes et le véhicule.
Si, par contre, il avait tiré depuis le côté ukrainien, alors sa balle aurait dû traverser une vitre latérale en la laissant intacte avant de briser la lunette arrière, tandis qu’un très fort coup de vent poussait les débris de verre à l’intérieur du véhicule.On peut tout imaginer. Pourquoi pas? Alors, cette hypothèse d’une provocation ukrainienne est envisageable mais elle ne l’est pas plus que celle d’une provocation séparatiste. Elles ne restent l’une et l’autre que des suppositions.

En réalité, Laurent Courtois reprend à son compte, sans le citer, un article ukrop de « 112 UA » paru dès le 17 janvier, en l’inversant. « Українська сторона СЦКК назвала обстріл машини ОБСЄ в Мар’їнці провокацією »  L’article ukrop parlait d’une provocation séparatiste. Le texte explique, selon son auteur, les motifs d’une telle provocation, chose que Laurent Courtois ne fait pas. Le tir séparatiste aurait eu pour premier résultat de susciter une réponse de l’armée ukrainienne la poussant à violer les accords de Minsk 2 lors d’un passage d’Alexander Hug (chef de la mission des observateurs de l’OSCE). Le deuxième résultat aurait été que les inspecteurs de l’OSCE ne visiteraient plus ce secteur, les séparatistes y ayant, toujours selon « 112 UA », des choses à y cacher. Rien ne permet de confirmer ce scénario ukrainien pas plus que celui fantaisiste de Laurent Courtois. C’est propagande et contre-propagande. Il ne s’agit pas de «l’information» dont se réclame Laurent Courtois. Rappelons son profil Agoravox : «..J’essaie de vous proposer une vision alternative et objective à la propagande de l’Ouest et de l’Est…». Rappelons aussi ce commentaire émis le 6 avril 2016 afin de tancer Christelle Néant de DONI Press : «Être sur place fait de vous une victime de la propagande». On serait tenté d’ajouter, ne pas être sur place n’autorise pas à créer sa propre propagande.

Enfin, Laurent Courtois utilise la photo de l’article ukrop, sans en mentionner la source, le « Centre de Presse ATO » ukrainien. Il ne s’agit pas d’un cliché, qu’il aurait effectué sur le terrain.

L’OSCE cible de provocateur ukrainien?
Véhicule OSCE dont la vitre arrière a subi un tir le 16 janvier 2016

4.3. Cas pratique II : mort de Vassyl Slipak

Le 5 juillet 2016, Laurent Courtois écrit tardivement sur la mort de Vassyl Slipak survenue le 29 juin 2016. « Vasyl Slipak : l’opéra comme raison de vivre, la haine comme raison de mourir ». Cette mort avait été annoncée dans les toutes premières heures qui l’ont suivie par France Musique. Compte-tenu du décalage de la publication, si Courtois avait été dans le Donbass, il aurait pu interviewer des soldats ou des volontaires qui ont combattu Slipak.

Grâce à son assiduité à scruter les publication Facebook de ceux qu’il dit être ses adversaires, Courtois relève que Wassyl Slipak a pris une photo au camp de vacances ukrainien de Rosey où figure un trident entre deux blasons, dont un représente un lion sur fond jaune. Il s’agit de l’emblème de la division Ukrainienne Galicie fondée par les SS. Courtois appelle cette photo, de basse qualité, noyée au milieu de quatorze autres, un hommage et use d’une facilité à laquelle il se défend pourtant de recourir dans un commentaire Agoravox du 21 novembre 2017: « Je n’ai pas fait d’utilisation du point Goldwin (sic*), ni de réduction « Ad Hitlerum » » – *Voir, loi Godwin – Les lecteurs peuvent examiner la page Facebook de Wassyl Slipak et particulièrement l’album de 25 photos dont Laurent Courtois a extrait une capture d’écran: Camp de loisirs ukrainien à Rosey (Franche-Comté, France). Libre à eux de décider si on peut appeler cela un hommage à une division nazie.

Photo prise à Rosey par Wassyl Slipak, album Hommage à une division SS, selon Laurent Courtois

Photo prise à Rosey par Wassyl Slipak, album Camp de loisirs ukrainien à Rosey (Franche-Comté, France)
« Hommage à une division SS » par W. Slipak, selon Laurent Courtois

Membres du bataillon ukrainien morts pour la France. Photo prise à Rosey par Wassyl Slipak, album Camp de loisirs ukrainien à Rosey (Franche-Comté, France) Laurent Courtois n'en parle

Membres du bataillon ukrainien morts pour la France. Photo prise à Rosey par Wassyl Slipak, album Camp de loisirs ukrainien à Rosey (Franche-Comté, France) –  Laurent Courtois n’en parle pas

Vassyl Slipak était un adversaire du projet Novorossia et des accords de Minsk mais il n’est pas exact de dire qu’il est mort par haine. Le personnage, piètre soldat, chanteur exceptionnel et acteur en perpétuelle représentation, était une personne singulièrement plus complexe.
Wassyl Slipak, meilleur interprète masculin 2011
au concours du festival international d’opéra d’Armel
Vassyl Slipak n’était pas un rabatteur qui recrutait pour le Donbass, comme on peut le voir sur le blog d’Erwan Castel, pour les séparatistes, chez « Misantropic Division », pour Azov, cf: « Nantes Une inquiétante réunion néonazie organisée samedi », 12/01/2016, où chez Novopole, Morlaix le 21/11/2015, là encore pour les séparatistes. Vassyl Slipak était d’abord un électron libre et le détenteur d’un charisme peu commun mais il était en conflit avec de nombreux Ukrainiens de la diaspora, du fait de son caractère très entier et souvent buté ainsi que du fait de son radicalisme. Adulé, pour son talent, depuis son adolescence, il n’acceptait pas la contradiction.
recrutement Donbass Laurent Courtois - Castel - Azov - Benajam
Castel – White rebels Crew – Benajam: exemples de recrutements pro Kiev et pro-séparatistes pour le Donbass
Wassyl Slipak n’a pas renoncé à l’art lyrique pour sombrer dans la haine et aller faire la guerre. Slipak n’a pas rejoint l’armée régulière ukrainienne, notamment parce qu’il ne pouvait pas y être à plein temps, continuant son métier de chanteur d’Opéra en France. Il disait à la chaîne biélorusse BELSAT, une semaine avant sa mort:« Je n’ai pas abandonné ma profession, ni mes activités, que ce soit le bénévolat ou les actions citoyennes que l’on fait pour l’Ukraine. Tout se passe en parallèle, simultanément. » Le Front et l’Opéra par intermittence, cela ne fut possible qu’ne rejoignant Pravy Sektor, formation devenue relativement marginale depuis le départ de Yarosh, à la fin 2015. Slipak était un grand artiste. Il ne comptait pas au rang des individus en situation d’échec qui ont rejoint les milices pro-Kiev ou séparatistes pour tenter de se gagner une reconnaissance de la part des autres ou d’eux-mêmes. Slipak était reconnu, célèbre et internationalement admiré.
Enfin, il est certain que Slipak était un patriote ukrainien et ukrainophone. Ceci explique son choix d’aller combattre dans le Donbass, alors qu’il était un homme honoré et célèbre en France, en Ukraine et ailleurs. Il disait, encore à la chaîne biélorusse BELSAT« Ce sont justement les gens de culture qui sentent le mieux l’injustice, les hommes et les femmes de l’art ont une sensibilité particulière face aux événements qui se passent. Je ne vois aucun problème dans le fait que, lorsque les dirigeants de l’État se rendent impopulaires, les autres, à savoir, les intellectuels, les gens de culture et d’art, et tous les autres prennent les armes. C’est un moment très important pour l’État. Le sentiment naturel pour n’importe quel peuple dans le monde est de prendre les armes afin de résister à l’agresseur qui tue par milliers ton peuple. Comment peux-tu rester à la maison et ne pas le faire ou ne pas aider ceux qui le font?« Slipak était un ultra nationaliste mais ce n’est pas seulement ça qui a été l’origine du papier de la part d’un auteur que l’on a connu, et que l’on connaît, beaucoup plus complaisant auprès de personnes autrement plus extrémistes. Comme Laurent Courtois disait plus haut sur le mur de Sergei Munier § 2.2.: « …je m’en branle qu’il (sic) soit (sic) nazi ou pas, qu’ils soient nationalistes, identitaires ou ce que vous voulez. Ils sont Jaune (sic) et bleus, pas de pitié…». Les funérailles de Vassyl Slipak ont rassemblé des milliers de personnes.

5. Les principales contributions de Laurent Courtois concernant le Donbass, publiées sur son blog et sur Agoravox, montrent une vision distante mais polémique s’exonérant des contraintes locales

5.1. Chez Agoravox, Laurent Courtois est dans son élément

Pour des raisons non connues à ce jour, Laurent Courtois cesse, en janvier 2017 d’être contributeur chez Novorossia Today et ne publie plus que chez Agoravox. Agoravox présente de nombreux avantages. Les articles ne font pas l’objet de relecture, de correction ou de vérification des sources. Les articles sont publiés suite à un vote des modérateurs. Pour être modérateur, il suffit d’avoir quatre articles publiés. Les modérateurs, sont donc les auteurs. Les articles sont majoritairement pro Kremlin, pro-Assad, anti-Kiev, anti-atlantistes et contre les régimes politiques en place dans les pays occidentaux.
Si l’on tient un discours proche de l’opinion majoritaire, il devient possible de publier n’importe quoi sur Agoravox, quelle qu’en soit l’écriture, quelle qu’en soit la qualité ou le caractère fictionnel.
Laurent Courtois peut y faire passer tout ce qu’il souhaite à l’exception d’une «interview» de Guillaume Cuvelier, ex volontaire néo-nazi du Donbass ayant combattu, par la suite, au côté de la coalition américaine en Syrie. Le caractère provoquant des articles, qui ne pourraient pas être publiés ailleurs, attire un bon nombre de lecteurs avides d’emportements. Les commentaires non modérés donnent des échanges vifs et interminables, qui propulsent vers le haut les papiers les plus agressifs. Laurent courtois est parfaitement en phase avec cet univers.

5.2. Sur son blog et sur Agoravox, les articles de Laurent Courtois contestent, à distance, les Français de Donetsk

Curieusement, Laurent Courtois est devenu contributeur chez Novorossia Today, septembre 2015, quand il a commencé à attaquer sur Facebook, puis sur son blog, divers activistes français pro-russes dont Laurent Brayard et ceux qui lui étaient proches, notamment chez DONI Press.
Textes de Laurent Courtois, mettant en cause des personnes ou des organisations du Donbass, parus sur son blog et/ou sur Agoravox Date Parution / Blog de L. Courtois Date Parution / Agoravox Période L. Courtois à Novorossia Today?
521. Laurent Brayard : Le Fabuleux affabulateur ou le Rastignac du Donbass l
Organisation et/ou personnes ciblées :
Donipress, UPR, Laurent Brayard, Janus Putkhonen, Sébastien Hairon
 25/12/2015
 OUI
522. Prochaine enquête à venir. L’humanitaire showbizz à Donestk.
Organisation et/ou personnes ciblées :
Donipress , « Save Donbass People », Laurent Brayard
 09/10/2016
 OUI
523. L’humanitaire spectacle au Donbass : l’école française, du show à l’escroquerie.
Organisation et/ou personnes ciblées: 
Donipress, « Save Donbass People », « Vostok France- Solidarité Donbass », « Urgence Enfant kraine », Laurent Brayard, Erwan Castel, Sébastien Hairon, Armelle Loeillot, Nikola Mirkovic
 14/10/2016
 OUI
524. Débat «Deux regards sur l’Ukraine» : la vérité assassinée pendant deux heures par Florian Lemarchand de Radio-Kiev-fréquence Bandéra. 
Organisation et/ou personnes ciblées :
« Vostok France- Solidarité Donbass », Nikola Mirkovic
 01/02/2017
 01/02/2017
 OUI
525. Le Donbass terre de tous les opportunismes : Les dérives sectaires. 
Organisation et/ou personnes ciblées :
Service de Presse de la DNR, Donipress, Christelle Néant
 14/10/2017
 Non
526. Coup d’état à Lougansk, la principale victime sera la vérité 
Organisation et/ou personnes ciblées :
Donipress, Christelle Néant
 24/11/2017
 Non
527. Il y a bien une offensive générale dans le Donbass : une offensive de désinformation massive ou le mythe de la « Gross » Offensive !
Organisation et/ou personnes ciblées :
Donipress, Christelle Néant
 06/04/2018
 Non

5.3. L’amateurisme des observations financières, émises dans les articles de son blog, montre une méconnaissance de la réalité des opérations menées à Donetsk

Laurent Courtois n’a visiblement aucune formation comptable. Il faut revenir sur ses «enquêtes» financières et sur leurs «conclusions». D’entrée de jeu, Courtois parle de «bilans» alors qu’il n’a examiné aucun bilan présentant, comme il se doit, un actif et un passif. Il n’a vu, quand il les a reçus, que des tableaux sensés représenter le «compte d’emploi annuel des ressources collectées auprès du public par une association ». Courtois s’est contenté de refaire les additions et de calculer un ratio entre les frais généraux et les dons perçus avant d’émettre ses «conclusions». Ce «travail» pour lequel il n’avait aucune expertise questionne par ses méthodes, ses insuffisances, ses objectifs et le caractère calomnieux des observations publiés.

Laurent Courtois n’avait aucun mandat pour exiger des documents financiers. Il n’était ni donateur, ni bénéficiaire, ni contrôleur fiscal, ni commissaire aux comptes, ni « économiste » comme il se dit en ex-URSS. Dans ses «enquêtes», il se place d’emblée en accusateur. Le principe est contraire à la vision objective qu’il revendique, voir §2.2. La méthode consiste à harceler et à inventer une réalité alternative qui est confirmée si la victime ne répond pas.  Si la victime répond, alors sa réponse, dont Courtois s’attribuera la «découverte», peut être détournée pour donner plus de corps à une « fake news ». Il s’agit bien de propagande.

On constate, que l’ « audit » des associations n’a pas été réalisé sur place, à Donetsk, mais par email. Il l’explique dans « L’humanitaire spectacle au Donbass : l’école française, du show à l’escroquerie », 14 octobre 2016.

« En l’absence de bilans (toujours pas fourni malgré notre demande par mail), cette association (Urgence Enfants Ukraine) est donc à placer en quarantaine, et ce jusqu’à publication de ces derniers»

Laurent Courtois n’a fait aucun travail sur les recettes: banque, journal de caisse, enregistrement des dons… Il s’est limité à prendre les chiffres qu’on lui a donnés. Aux erreurs du tableau Excel près, il n’a rien contrôlé. Il ne donne aucune garantie sur l’exhaustivité des dons reportés. Un détournement massif des fonds reçus aurait pu être opéré. Laurent Courtois n’aurait rien vu.

Les dépenses n’ont fait l’objet d’aucune vérification, elles non plus. Si les rubriques imputées n’était pas les bonnes, Laurent Courtois n’avait aucun moyen de le savoir. Les ratios calculés (frais généraux/recettes) sont donc contestables. Sans avoir vérifié les pièces justificatives et surtout, examiné sur place, la réalité des biens achetés, sans avoir réalisé une revue de projet, Laurent Courtois ne peut pas confirmer que les dépenses ont bien été réalisées en accord avec les intentions des donateurs. De plus, Courtois ne peut pas attester que ces sommes n’ont pas été utilisées pour des dépenses personnelles.

En conséquence, les «rapports» produits par Laurent Courtois n’ont aucune valeur, positive ou négative. Ils montrent surtout que la «mission d’audit» n’a pas été réalisée à Donetsk, comme cela aurait dû être le cas. Enfin, se pose la question de Novopole, dont la présidente est Svetlana Kissileva de Novorossia Today, et qui n’a fait l’objet d’aucune revue. Cette exception introduit un doute important sur les intentions et les objectifs des articles qui en ont résulté, voire sur leurs donneurs d’ordre. Plus que d’un examen de comptes ne s’agit-il pas, plutôt, d’un règlement de compte?

On en a une indication dans «Laurent Brayard : Le Fabuleux affabulateur ou le Rastignac du Donbass », 25/12/2015 :
«…la vraie nature de Laurent Brayard, c’est à dire de celle d’un arriviste, manipulateur, calculateur, immoral qui s’est servi de l’agence de presse Novorossia Today et de l’association Novopole pour acquérir une visibilité, des contacts, des aides morales et financières pour pouvoir rejoindre Donestk…» 

Dans « L’humanitaire spectacle au Donbass : l’école française, du show à l’escroquerie», 14 octobre 2016, il est question d’un (e?) enquêteur (trice?) à Donetsk, dont on ne révèle pas l’identité :
«L’article sur Sébastien Hairon lui avait été présenté comme un remerciement à l’hôpital pour leurs bon soins environs. Jamais, il ne fut question de dons pour l’Hôpital. C’est notre enquêteur sur place qui lui fit découvrir la soi-disant collecte en sa faveur… » 

Une dernière explication nous est donnée par Laurent Courtois lui-même, en 2017, en commentaire, sous l’article précité:
«Lors de l’écriture de cet article, je collaborais à Novorossia Today donc avec Svetlana Kissileva. Pour cet (sic) raison, je n’avais pas pu évoquer l’utilisation népotique des fonds de Novopole et autre ». 

Conclusion:

Nous constatons que Courtois ne fut qu’un contributeur temporaire, intermittent et délocalisé de Novorossia Today. On ne peut pas parler de collaboration journalistique selon les conditions présentées au début de cet article §1. En revanche, il est possible qu’il y ait eu, ou non, collaboration personnelle et échange d’information entre Svetlana Kissileva (Novopole, Novorossia Today) et Laurent Courtois à des fins de parution sur le blog privé de ce dernier ou sur Agoravox. La possibilité de publier sur Novorossia Today, offerte à Laurent Courtois, a pu être une forme de remerciement pour services rendus.

Quoi qu’il en soit, Laurent Courtois a ainsi principalement contribué à relayer, vers l’extérieur, des informations internes aux républiques du Donbass, étalant au grand jour, quand il ne les suscitait pas, les divisions des Français de Donetsk. Il est devenu évident que ce déballage n’a pas été réalisé en étant basé à Donetsk. Depuis lors, Laurent Courtois prétend résider en Russie. Il y a de bonnes raisons de croire qu’il s’agit d’une autre mystification.

Laurent Courtois sexy girls
Miliciennes du Donbass
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2 réflexions sur “Laurent Courtois a-t-il été véritablement collaborateur de «Novorossia Today» à Donetsk?

  1. Le 22 février 2016 à 18 h 49, Laurent Courtois m’ envoyé un message en utilisant l’adresse IP 88.137.130.115. Cette adresse IP est en France et fort probablement en Auvergne Rhône Alpes. A cette date, il ne pouvait donc pas être à Donetsk.

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